Quattropole : Une appellation éloquente pour une idée brillante

Sabrina Penaud31 mai 2012 0
Quattropole : Une appellation éloquente pour une idée brillante

Le 29 février 2000, quatre maires donnent naissance à une « métropole européenne virtuelle », composée de quatre communes transfrontalières : Luxembourg, Metz, Sarrebruck, Trèves. Leur objectif ? Mettre en place et améliorer des services communs. Dix ans après, le pari semble gagné. Le dynamisme de ces quatre villes n’est plus à démontrer ; la proximité de ces cités unies par une volonté commune d’accueil et de développement culturel incite le touriste avide de connaissances, à se transporter de Sarrebruck à Metz en passant par Trêves et Luxembourg en un temps record pour le plaisir des yeux, de l’esprit et du palais.

Sarrebruck la romantique

Située en plein cœur de l’Europe, et à peine à une heure cinquante de Paris par TGV, Sarrebruck est une invitation permanente aux balades romantiques le long de la Sarre, à la flânerie dans ses nombreux petits bistrots et à l’émerveillement devant ses richesses architecturales où l’art baroque règne en maître incontesté.
Capitale de la Sarre (Allemagne), cette cité plus que millénaire au passé agité renaît à chaque fois de ses cendres, tout en conservant des traces de son histoire. C’est ainsi que l’on peut visiter, sur l’une de ses rives et non sans une pointe d’émotion, les casemates du château remanié au 18ème siècle par l’architecte Joachim Stengel qui a laissé son empreinte sur toute la ville. Cet étonnant château qui mélange styles baroque et moderne avec sa partie centrale de métal et d’acier, est le symbole du dynamisme et de l’audace de cette ville toujours à la pointe du modernisme et de l’excellence.
En son temps, Stengel exprime toute la maturité de son génie dans la construction de l’église protestante Ludwigskirche, considérée encore aujourd’hui comme une des plus belles églises baroques d’Allemagne et des plus pures du point de vue architectural. Après avoir admiré les huit palais qui l’encadrent il faut absolument pénétrer dans l’édifice, plonger dans sa calme et lumineuse blancheur, s’asseoir sur ses banquettes de velours, renverser la tête en arrière et faire un arrêt-image sur son plafond d’une pure beauté, pour en ressortir ébloui.
De l’autre côté du fleuve traversé par d’agréables ponts fleuris, Sarrebruck invite aussi à la flânerie dans ses ruelles étroites et pittoresques, ses cafés et restaurants qui bordent la place ST Johann où se dresse la basilique du même nom, cœur de la vie Sarrebruckoise. Les amateurs de shopping ne seront pas en reste ! Que ce soit dans la zone piétonne moderne ou dans les ruelles et cours intérieures du vieux quartier, les boutiques foisonnent.
Sarrebruck, c’est aussi une histoire d’amour avec la France. Son jardin franco- allemand de 50 hectares en témoigne. Petits et grands s’y ressourcent avec bonheur avant de partir à la conquête d’une ville non moins délicieuse : Trêves.

Trèves, la Rome du Nord

Située sur le bord de la Moselle et fondée en l’an 16 avant Jésus-Christ par l’empereur Auguste, sous le nom d’Augusta Trevevorum, Trèves regorge de richesses, c’est un véritable enchantement. On ne sait où poser les yeux, il y a tant de merveilles à découvrir !
La Porta Nigra (porte noire) de dimensions impressionnantes, achevée au deuxième siècle, est le monument emblématique de la ville. Elle ouvre sur une large avenue bordée de maisons au charme fou. C’est sur cette avenue que se dresse notamment la maison où vécut Karl Marx. Un peu plus bas, se trouve la place du marché médiéval. Les maisons à colombage côtoient des bâtisses de style hispano-arabe (ainsi la maison des trois mages), et un peu plus loin le style baroque le dispute au rococo. Il y en a pour tous les goûts ! Les amateurs d’édifices religieux ne seront pas en reste avec la basilique de l’empereur Constantin, la cathédrale datant du 17ème siècle et l’église Liebsfrauen du 13ème siècle. Le palais des princes électeurs retient l’attention du visiteur par son style rococo à souhait, mais ce qu’il faut visiter à tout prix ce sont les sous-sols des thermes impériaux datant du 4ème siècle ! Pénétrer dans ce labyrinthe c’est partager quelques instants la vie éreintante des esclaves soumis à des températures extrêmes et confinés dans de longs couloirs étroits. Après ce petit voyage dans le temps, quel plaisir de retrouver la terre ferme en plein soleil, les terrasses des cafés et la joie de vivre des habitants de cette cité terriblement romantique. Il faut pourtant se décider à quitter cette délicieuse cité pour rejoindre le sol français qui lui aussi peut nous réserver d’étonnantes surprises !

Metz la surprenante

La ville a dernièrement fait parler d’elle à l’occasion de l’inauguration du centre Pompidou, et ne serait-ce que pour ce véritable chef d’œuvre architectural, la cité berceau des carolingiens, mérite le détour. Mais Metz, c’est encore et beaucoup plus que ça !
A seulement 1h20 de Paris par TGV, le visiteur sera d’abord ébloui par la gare centrale, pur joyau de la nouvelle ville impériale. Les années sombres de l’annexion allemande et le ressentiment à l’égard de l’envahisseur ont disparu au profit de l’esprit d’ouverture dont ont toujours fait preuve les Messins du fait de leur position stratégique, véritable carrefour de l’Europe. Le quartier impérial fait désormais partie du patrimoine architectural messin, au même titre que la cathédrale Saint Etienne pur joyau de l’art gothique flamboyant, et que le quartier médiéval où le piéton est roi.

Une promenade à travers le temps

Partout dans la ville se succèdent des témoignages de l’époque gallo romaine et de l’ère médiévale au classicisme du XVIIIème siècle. Flâner dans Metz, c’est l’assurance d’une promenade à travers le temps pour cette ville de plus de 3 000 ans qui a su au fur et à mesure des transformations et des chamboulements historiques se relever et s’enrichir de son passé pour se tourner vers l’avenir avec optimisme et ingéniosité.
Metz, c’est aussi le paradis des écologistes, avec ses 470 hectares d’espaces verts et ses 400 km de balades nature.
Enlacée par la Moselle et la Seille qui lui dessine des îles, la ville a un charme fou et fait le bonheur des amoureux et des romantiques qui attablés en bordure de rivière dégustent avec gourmandise les plats offerts par les restaurateurs de la confrérie de Rabelais. Un week-end ne suffit pas pour découvrir toutes les richesses de cette ville joyeuse gourmande culturelle et romantique. Fin Août la fête de la mirabelle bat son plein, le 6 décembre Saint Nicolas est le roi et toute l’année, spectacles, expositions, animations et joie de vivre font de la capitale de la Lorraine une destination de premier choix !

Luxembourg, ville de contrastes
Située au confluent de l’Alzette et de la Pétrusse, la capitale du grand Duché doit son origine au comte ardennais Sigefroi qui construisit son château fort sur le rocher du Bock. Au fil de son histoire plus que millénaire, Luxembourg est devenue la 5ème place financière européenne, dont le quartier des affaires très avant-gardiste contraste avec les vestiges monumentaux de l’ancienne ville forteresse. La diversité architecturale, linguistique et culturelle de cette ville alliée à un véritable art de vivre en fait une destination privilégiée dont il ne faut surtout pas se priver !

Une vie culturelle très riche

Reliés par une centaine de ponts, les quartiers traditionnels et modernes se confrontent harmonieusement et offrent chacun à leur façon une palette culturelle des plus étonnante. Comment ne pas être subjugué par l’architecture du MUDAM (musée d’art moderne du duc Jean), cet ancien lieu militaire transfiguré par le génie de l’architecte sino-américain Leoh Ming Pei en un lieu de la création artistique contemporaine et d’avant-garde ?
Et que dire de la Philharmonie dont les 823 colonnes blanches et effilées forment un écrin de toute beauté pour cette salle de concert installée sur le plateau de Kirchberg.? Et si l’on a la chance d’assister à un concert dirigé par Emmanuel Krivine, ce haut lieu de la musique deviendra désormais incontournable, tant la personnalité de ce musicien si talentueux est vivante et chaleureuse, faisant de chaque auditeur son ami. Les amateurs de théâtre ne seront pas en reste avec le grand théâtre de la ville qui accueille et coproduit des opéras, des spectacles de danse et …des pièces de théâtre en français, en allemand et anglais. Et oui, l’esprit de Robert Schuman père de l’Europe, souffle sur cette ville de 85 000 habitants dont 60 % sont des étrangers.
Au fil des siècles ont été érigées autour du château fort des fortifications dont 10% son encore visibles. Les premières casemates furent construites en 1644 sous la domination des espagnols, agrandies sous la direction de l’ingénieur et bâtisseur des fortifications Vauban, puis sous la domination des Autrichiens au 18ème siècle. Les bastions et la vieille ville ont été classés sur la liste du patrimoine de l’UNESCO en 1994. Il faut arpenter les ruelles de la vieille ville, s’arrêter devant l’église St Michel, visiter le musée d’histoire de la ville ou encore le musée national d’histoire et d’art et enfin faire une pause dans un de ces petits bistrots au charme fou avant de se rendre dans le quartier gouvernemental où la tour à escaliers rattachée à l’hôtel de Bourgogne (siège du premier ministre) compte parmi les vestiges les plus anciens de la ville. Culture et gastronomie sont indissociables et nombre de restaurants proposent des mets raffinés au visiteur affamé qui une fois rassasié n’aura qu’une envie, repartir à la découverte de cette ville joyeuse, effervescente et pleine de charme.

INFOS PRATIQUES

Luxembourg Ciy Tourist Office
Place Guillaume II
B.P. 181
L-2011 Luxembourg
Tel 00 33 52 22 28 09
touristinfo@lcto.lu

Office de tourisme de METZ
2, Place d’Armes
57007 METZ
Tel 00 33 387 55 53 76
tourisme@o.marie-metz.fr

Office du tourisme allemand
www.allemagne-tourisme.com
Téléphone : 01 40 20 17 03

Tourist-information Trier
An der Porta Nigra
D-54290 TRIER
Tel 00 49 651 978 080
Info@tit.de

Kongress-und Touristik Service
Reichsswtr.1/ Saar Galerie
D-66111 SAARBRÜCKEN
Tel 00 49 681 93 80 90
Tourist-info@kontour.de

Texte : Christine Jonemann
Photos : Marc Michel

Laisser un commentaire »